Première voiture électrique de Maranello

Ferrari Luce: 4 portes, 5 places

Ferrari l'a bel et bien fait. La Luce est la première Ferrari entièrement électrique. Quatre portes, cinq places, quatre moteurs électriques et 1 050 ch. La voiture la plus rapide du monde a été dessinée par l'ancien directeur du design d'Apple, Sir Jonathan Ive.

Publié le 27.05.2026

Vous entendez ce grondement ? C'est Enzo Ferrari qui se retourne dans sa tombe. La première Ferrari entièrement électrique s'appelle « Luce », qui signifie « lumière » en italien. Il ne s'agit toutefois pas d'une Roma zéro émission ou d'une SF90 électrique, mais d'une hyper-GT à quatre portes et cinq places.

Quatre moteurs électriques développent une puissance totale de 1 050 ch et un couple de 11 500 Nm aux roues. La Ferrari électrique passe de 0 à 100 km/h à une vitesse proche de celle de la lumière – en 2,5 secondes. Vitesse de pointe ? Plus de 310 km/h. Et pourtant, Ferrari préfère parler de confort, de silence et d’espace à bord de la Luce.

Ferrari réinvente la Ferrari

La Luce n’est que la deuxième quatre portes de la marque – et la première Ferrari à cinq places. C’est la plateforme entièrement électrique qui rend cela possible. Pas de tunnel central, pas de transmission transaxiale : à la place, une architecture 800 volts spécialement développée, avec une batterie de 122 kWh et quatre moteurs électriques indépendants – un par roue.

Ferrari parle délibérément d’un « nouveau type de Ferrari ». Car personne ne rêve depuis son enfance d’une Ferrari silencieuse. C’est pourquoi Ferrari n’essaie même pas de simuler artificiellement un V12. À la place, la marque a développé son propre concept sonore. La Luce capte les bruits réels des moteurs électriques et des essieux, les amplifie comme avec un ampli de guitare et les restitue à l’intérieur comme à l’extérieur. Nous sommes impatients de savoir si cela sonne comme une Ferrari – ou comme un robot ménager électrique de Maranello.

Jony Ive à la place de Pininfarina

Sur le plan visuel aussi, la Luce marque une rupture avec la tradition. Ce n’est pas Flavio Manzoni seul qui en est responsable, mais le collectif créatif LoveFrom, autour de Sir Jony Ive et Marc Newson – c’est-à-dire les personnes qui ont autrefois conçu l’iPhone, l’Apple Watch et bien d’autres choses encore. Et cela se voit.

La Luce ressemble moins à une Ferrari classique qu’à une Ferrari qui aurait grandi à Cupertino. Des surfaces lisses, presque pas d’arêtes, des éclairages transparents, d’immenses surfaces vitrées et une structure en forme de coque.

Les roues sont particulièrement absurdes : 23 pouces à l’avant, 24 pouces à l’arrière. Ce ne sont plus des jantes, mais des antennes paraboliques équipées de pneus Pirelli. Ferrari affirme néanmoins avoir atteint le coefficient de traînée le plus bas de son histoire. Cela est rendu possible par des éléments aérodynamiques actifs, des grilles d’aération mobiles et un châssis qui abaisse l’avant de dix millimètres à grande vitesse.

Numérique à l’âme analogique

Ce n’est pas parce que la Luce ressemble à un Wi-Fi roulant que l’habitacle est pour autant une simple tablette. Ferrari combine des interrupteurs à bascule mécaniques, des boutons rotatifs en aluminium et de véritables commandes avec des écrans OLED de Samsung. Le cockpit suit même les mouvements du volant, comme si la Ferrari gardait en permanence le conducteur dans son champ de vision. À cela s’ajoutent 21 haut-parleurs d’une puissance de 3 000 watts, des profils sonores optimisés individuellement et une clé de voiture dotée d’un écran E-Ink en verre Gorilla Glass. Oui, même la clé est un gadget.

Une puissance à l’ADN Scuderia

Son poids de 2 260 kg peut certes faire penser à un petit appartement, mais il est relativement faible pour une voiture électrique de cette catégorie de puissance. Ferrari y parvient notamment grâce à un pack de batteries intégré à la structure et à une construction allégée systématique en aluminium recyclé.

Mais ce qui compte, c'est la conduite. Ferrari promet une maniabilité qui donnerait plutôt l'impression de conduire une voiture plus légère de 400 kg. Le Torque Vectoring, la suspension active, la direction intégrale et une nouvelle unité de contrôle du véhicule coordonnent l'ensemble des systèmes 200 fois par seconde.

L'autonomie dépasse les 530 kilomètres, et la recharge s'effectue jusqu'à 350 kW. Il serait possible de recharger 70 kWh en 20 minutes.

La Ferrari la plus importante ?

La Ferrari Luce est bien plus qu’un simple nouveau modèle. C’est sans doute la Ferrari la plus importante depuis l’introduction de la supercar à moteur central. Car pour la première fois, Ferrari ne se définit plus par ses cylindres, sa cylindrée ou ses pots d’échappement, mais par son logiciel, son architecture et ses sensations de conduite.

Les réactions internationales sont donc extrêmes. Certains médias saluent déjà la Luce comme la Ferrari la plus audacieuse depuis la F40. D'autres parlent d'« anti-Ferrari ». Qu'en pensez-vous ?

Photos : Ferrari

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